il y a 2 mois

Meta, Amazon, Twitter… pourquoi la tech est en crise

Lopinion.fr
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Alphabet, Meta, Twitter, Amazon… 1 500 milliards de valorisation boursière se sont évaporés en un mois. Comment expliquer cette tendance inédite ?
Il y a une conjonction de plusieurs phénomènes différents. Premièrement, vous avez la fin de l’abondance de liquidités qui circulaient sous l’effet des différentes banques centrales qui faisaient que, dans le secteur de la tech, il y avait une appétence très forte de la part des investisseurs pour beaucoup d’investissements qui n’étaient pas forcément hyper rentables, hyper stables. Du coup, il y a cette première correction qui se réalise.

Deuxièmement, vous avez aussi la correction sur les différents business models parce que les promesses qui ont été faites au milieu des années 2010, si jamais elles n’ont pas été respectées, la correction se fait assez rapidement de la part des investisseurs qui demandent un retour sur investissement et qui demandent un petit peu plus de clarté en termes d’activité, de business d’activité.

Et, enfin, vous avez la conjonction de la fin de la crise du Covid, de la fin des différents confinements, qui font que mécaniquement nous avons beaucoup moins besoin de certains outils. L’entreprise Zoom, par exemple, valait autant en plein cœur de la crise du Covid que toutes les compagnies aériennes au monde réunies ! Maintenant, elle a perdu plus de 75%, 80%, de sa valeur car même si le besoin est toujours là et que l’habitude est rentrée dans la vie de tous les jours, on voit que la plateforme a atteint son plein potentiel ; on l’utilise comme un outil commun et pas comme étant la seule alternative possible pour pouvoir continuer l’activité..

Assiste-t-on à l’éclatement d’une bulle à l’instar de ce qu’il s’est passé avec internet au début des années 2000 ?
Je dirais vraiment que c’est une correction plutôt que l’explosion d’une bulle. Quand on regarde un peu les chiffres de fin septembre, début octobre 2022, quand on compare certaines valorisations boursières, on remarque effectivement une surévaluation de certaines entreprises.

Par exemple, vous aviez Amazon qui valait trois fois plus que Walmart, alors qu’Amazon n’a que deux points de vente physiques dans le monde et que Walmart est leader aux Etats-Unis. Vous aviez Tesla qui valait quinze fois plus que Stellantis alors qu’ils vendent cinq à six fois moins de modèles. Vous aviez Airbnb qui valait douze fois plus que Accor d’un point de vue boursier alors que Airbnb ne possède aucun hôtel, aucun foncier.

Il y avait une différence entre la valeur de marché et la valeur d’usage de ces différentes entreprises et du coup on assiste plutôt à une correction, à une évaporation de toute la partie spéculative qu’il y avait dans ces entreprises.

La bonne nouvelle, c’est que contrairement à une bulle où certains s’effondrent, on va vraiment assister avec cette correction à l’évaluation de la vraie valeur de ces entreprises. On sait qu’on a un problème de mesure de cette valeur économique, notamment liée à l’économie numérique. On