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Suède et Finlande dans l'Otan: quelles conséquences pour l'Europe?

Lopinion.fr
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Restés neutre en matière d'alliance militaire tout au long de la Guerre froide, la Suède et la Finlande ont officiellement déposé mercredi 19 mai leur demande d'adhésion à l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (Otan). Une démarche qui marque un changement radical dans l'architecture sécuritaire de l'Europe.

La demande d’adhésion des deux pays scandinaves est, pour l’instant, contrariée par la Turquie qui cherche à tirer parti de son droit de veto. Ankara a menacé de bloquer le processus d'élargissement, qui requiert l’unanimité des membres de l’Alliance, si les deux pays ne lui livrent un certain nombre de militants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ou du mouvement de Fethullah Gülen, présents sur leurs territoires.

Pourquoi la Suède et la Finlande veulent-elles intégrer l'Otan ?

Bertrand Badie, professeur émérite à Sciences Po, spécialiste des relations internationales : « Il y a plusieurs facteurs qu'il faut prendre en compte. Le principal, je crois, c'est celui de l'émotion. L'Europe en général et les pays proches de la Russie sont sous le coup de cet événement du 24 février dernier, de l'invasion et de l'agression par la Russie d'un pays voisin donc ça a créé en même temps un réflexe de peur.

Le deuxième élément qui joue et qui est très proche du premier, c'est que la neutralité suédoise est très ancienne puisqu'elle date du premier tiers du XIXe siècle. La neutralité finlandaise, elle, est beaucoup plus récente et marquée du sceau de la Guerre froide. Mais d'une façon générale, la Suède et la Finlande avaient gardé, après 1989, un positionnement qui correspondait au contexte de la Guerre froide qui n'existe plus. Donc ces vieux modèles dépérissaient d'eux-mêmes.

Et puis il y a aussi un troisième facteur, c'est qu'il y avait une spécificité scandinave et en particulier suédoise et finlandaise dans l'Europe d'hier, l'Europe de la bipolarité, une volonté notamment de la social-démocratie scandinave et suédoise en particulier – je pense à un personnage comme Olof Palme – de jouer la différence par rapport aux autres modèles sociaux-démocrates et surtout aux modèles qui étaient dominants dans l'Europe, je dirais, atlantique.

Et aujourd'hui, cette distinction de la social-démocratie suédoise ne joue plus, on a affaire à une nouvelle génération de dirigeants et l'exceptionnalisme suédois comme l'exceptionnalisme finlandais ont disparu. »

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