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Gaz, électricité, pétrole: faut-il craindre une crise énergétique mondiale?

Lopinion.fr
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Depuis quelques mois, les tarifs de l’énergie flambent, l’indice TTF du prix du gaz (référence en Europe) a déjà plus que triplé cette année. La Commission de régulation de l’énergie a annoncé une augmentation record de 12,6 % de la facture du gaz au 1er octobre. Ces hausses pourraient s’inscrire dans la durée. Le gouvernement scrute ces hausses comme le lait sur le feu et a d’ores et déjà annoncé des mesures : «Nous allons mettre, pour le gaz et pour l’électricité, en place ce que j’appellerais un bouclier tarifaire», a déclaré le Premier ministre Jean Castex le 30 septembre sur TF1. 

Dans un contexte de reprise économique mondiale post-crise sanitaire, plusieurs facteurs expliquent ces hausses de prix. «Dans le gaz, c’est assez simple, c’est une question d’offre et de demande : cette demande, je vous l’ai dit, a rebondi, décrypte Thierry Bros, professeur à Sciences Po, spécialiste de l’énergie. Quant à l’offre, elle est un peu contrainte, parce que pendant la période Covid on a fait moins de maintenance sur les installations gazières, les industriels ont eu moins d’argent en 2020 puisque les prix étaient très, très bas.»

«Et puis troisièmement, on a aussi eu un narratif de transition énergétique avec la Commission européenne et l’Agence internationale de l’énergie qui nous ont expliqué que le pétrole et le gaz étaient des énergies du passé, qu’il fallait plutôt ne plus investir, poursuit ce spécialiste. Et donc l’ensemble de ces facteurs font qu’aujourd’hui, on a des capacités de production dans le gaz qui sont plus restreintes qu’avant la crise.»

Et cette flambée du prix du gaz a entraîné dans son sillage une hausse du coût de l’électricité, dont le prix est établi sur le marché européen de l’électricité. «Dans ce marché européen, on a une sorte de mise en commun de tous les moyens de production des différents pays, dont, aussi, le nucléaire français, explique Anna Creti, professeur d’économie à l’université Paris Dauphine, directrice scientifique de la Chaire Économie du Gaz Naturel. Mais le prix, en soit, est déterminé par les coûts de ce qu’on appelle la dernière centrale appelée, donc celle qui, pour un bien qui n’est pas stockable et dont on a besoin en temps réel comme l’électricité, sert à faire l’équilibre entre l’offre et la demande. Très souvent, cette dernière unité est représentée par les centrales à gaz, d’où cette corrélation, ce lien entre les prix du gaz et ceux de l’électricité.»

«Donc on prend de plein fouet cette augmentation des prix du gaz alors même qu’on a notre indépendance en matière de production électrique», déplorait le ministre de l’Economie Bruno Le Maire le 24 septembre sur Public Sénat.